Conseil municipal Montpellier du 17 Décembre 2012.
Conseil municipal Montpellier du 17 Décembre 2012.
Ce conseil municipal avait à son ordre du jour plusieurs points majeurs dont un essentiel, le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). Il était des plus important pour une double raison. La première tient au fait que le PS a maintenant tous les pouvoirs dans le pays et donc aucune excuse pour ne pas réaliser un budget satisfaisant les revendications et les attentes sociales. La deuxième, vu que nous sommes en fin de mandat, est qu’il s’agit du dernier budget réel, les prochaines élections municipales se tenant début 2014. Pour l’ensemble de ces raisons, le positionnement des partis représentés au conseil a une grande importance.
Le premier point à l’ordre du jour était le Débat d’Orientation Budgétaire. Il a pris 2h30, chacun des partis ou adjoints en charge de dossiers importants est intervenu.
Max Levita a présenté le budget pour la majorité. Nous ne pouvons pas résumer ici l’ensemble de son intervention, nous indiquons ce qui pour nous est significatif. Tout d’abord, dans le cadre de la réduction des dépenses publiques, la dotation de l’Etat est gelée pour 2013 et baissera de 1,5% en 2014 et 2015. Une dotation gelée est une dotation en baisse d’au moins 2% en raison de l’inflation, pour 2014 et 2015 il faudra rajouter à l’inflation les – 1,5%. Ensuite il n’y aura pas de créations de postes en Mairie alors que la population ne cesse d’augmenter.
Nous avons fait une déclaration que nous vous transmettons. Jusqu’à présent, nous avons voté contre les budgets proposés, il est clair que nous ne nous retrouvons pas dans la proposition de la majorité. Voir notre déclaration en pièce-jointe.
EELV est aussi intervenu, leur critique essentielle a été le doublement de l’A9 et les conséquences financières vu que l’A9 actuelle, les nouvelles sorties… devront être financées par les collectivités locales. Ils demandent l’abandon de la vidéosurveillance et plus de pistes cyclables (l’achèvement du Schéma cyclable réalisé lors du précédant mandat).
L’UMP s’est contentée de proposer la baisse des impôts.
Le PC après avoir indiqué la gravité de la crise actuelle et ses conséquences en terme de pouvoir d’achat a déclaré partager les orientations proposées avec pour lui deux points significatifs : la priorité à la jeunesse et la nécessité pour les tarifications sociales de prendre en compte les conséquences de la crise (il a indiqué être contre la gratuité).
Le Modem soutient, sans surprise, le budget.
L’ensemble des responsables PS, se déchirant pourtant allégrement dans la presse, parle d’une même voix.
Levita répondra à EELV sur le financement du doublement de l’A9 que nous aurons bientôt une réponse de l’agglo (Mandroux avait indiqué que la ville ne mettrait pas 1 centime) et à notre intervention que « le capitalisme nous avons à le gérer à Montpellier ».
Le vote du budget se fera lors du prochain conseil municipal du lundi 4 février 2014, en fonction des positions prises lors de ce conseil (à moins que certains changent d’avis).
Il est évident, pour nous, que les positionnements sur le budget ne seront pas sans conséquences sur les choix faits pour les prochaines municipales même si nous savons que la vie politique peut s’accélérer avec l’accentuation des politiques d’austérité, un nouveau projet de loi sur l’âge de départ en retraite…. Lors de ce vote, nous verrons le positionnement des élus. Il restera à voir ensuite la position des partis à Montpellier, décision importante en particulier pour le PC.
La délibération 3 concernait la réalisation de la « Cité du Corps Humain ».
Ce sujet, cher à Mandroux, divise les sensibilités socialistes du conseil. Mandroux a réussi à imposer une délibération engageant un concours d’architecture. Dans un climat tendu, cette délibération a été présentée.
Nous sommes intervenus dans la continuité de ce que nous avions déjà voté. Nous avons depuis le début (nous avons déjà voté contre 2 délibérations sur le sujet) un problème, tout sauf secondaire, pour connaître le coût et le financement. Lors de ce conseil, la majorité nous donne le chiffre de 37 M d’euros, chiffre sur lequel nous n’avons aucune garantie. Mandroux nous propose un double pari : trouvons un grand architecte et un projet et alors nous aurons les financements (publics par subventions et privés par une fondation), deuxième pari 200 000 visiteurs par an avec du coup des retombées financières importantes. Sur le fond du dossier, nous ne pensons pas que ce soit une priorité aujourd’hui en période de crise et de grandes difficultés pour les habitants. Nous préférons réserver ces millions d’euros à la construction de crèches, aux transports publics ou au logement social. De plus, si nous prenons les arguments du départ « faire à Montpellier ce qu’est la cité de l’espace à Toulouse », nous sommes plutôt sur des budgets de 45 à 50 M. Pour minimiser l’affaire, l’incomparable Dufour nous explique que 500 000 euros pour ce concours d’architecture ce n’est rien, juste une page de pub !
Nous sommes favorables à un travail d’éducation populaire sur la médecine, la santé sans que cela passe par un projet de prestige.
Le PS a fait jouer le centralisme démocratique en son sein (dénoncé publiquement par J. Martin) pour avoir une large majorité sur le projet.
Au final, le vote est le suivant : 2 Contre (GA-FASE), 10 Abstentions (EELV + élus PS), 2 NPPV (élus PS), le reste Pour : (majo PS- PC- Modem-UMP).
Les délibérations 11 et 12 traitaient des délégations de services publics (DSP) concernant les parkings. Une fois de plus, nous avons refusé ces DSP. Notre position, identique à celle de la CGT Mairie, est pour une régie publique des parkings. Nous considérons que la ville doit être maître de son stationnement, de ses tarifs et les bénéfices doivent servir à l’amélioration du service rendu par le service public. Pourquoi donner à Vinci, Effia… des bénéfices substantiels alors que la population peut en profiter ?
Ces délibérations ont été l’occasion de développer à nouveau notre plan d’ensemble concernant les déplacements (parkings gratuits à l’entrée de la ville, maillage de bus, mini bus, tram, pistes cyclables, piétons).
Petite anecdote, Vinci, peut être en raison du parfum Notre Dame des Landes, a été écarté mais il leur reste tout de même le réseau ASF de l’A9.
Nous avons été les deux seuls à voter contre.
La délibération 23 concernait la crèche J. Baker.
La mise en DSP de cette crèche a été un des moments graves de cette année. Il s’agit pour nous d’un précédent. L’objet de la délibération était le changement de dénomination de la Mutualité Française, délégataire, en « Mutualité Française Hérault Petite Enfance ».
Nous sommes intervenus pour demander la mise en régie publique de cette crèche. Attaché à un service public de la petite enfance, nous ne voyons pas d’un bon œil ce changement de dénomination. Il signifie, à travers la mise en place d’une structure départementale dédiée aux crèches, le positionnement de la Mutualité Française sur ce qu’elle considère comme un marché potentiel. Cette décision rentre en écho avec les déclarations de Lévita sur « les crèches actuelles on n’y touchera pas, pour les nouvelles, c’est à voir ». Montpellier connaissant un développement démographique continu, le problème va se reposer à court terme.
Nous avons été les deux seuls à voter contre.
La délibération 28 concernait le doublement de l’A9. La délibération avait pour but de répondre à la demande d’ASF de prise de possession anticipée des terrains pour engager au plus vite les travaux. Nous sommes, une fois de plus, intervenu contre le doublement de l’A9. Outre nos remarques habituelles, nous constatons que c’est un cadeau supplémentaire à Vinci qui gère actuellement l’A9. Nous considérons que ce doublement ne règlera rien concernant le nombre de camions, la pollution et les embouteillages à l’entrée de la ville. En revanche, nous sommes assurés d’un coût supplémentaire pour les collectivités locales et d’une réduction de la partie gratuite de l’autoroute.
Nous avons voté contre ainsi qu’EELV.
Nous avons voté contre la délibération 30 qui augmente encore les travaux de l’Hôtel de Ville de 699 160 euros.
Les délibérations 33 et 34 concernaient le lancement du quartier « OZ Montpellier Nature Urbaine » et l’extension de la ligne 1 du tram jusqu’à la nouvelle gare TGV.
A priori, nous étions dans le lancement de la concertation mais dans les faits les délibérations soumises au vote bouclent ces 2 projets (arrivée prévu du TGV dans la nouvelle gare et prolongement du tram 1 avec objectif de réalisation dans 5 ans en 2017, les travaux devraient donc commencer bientôt). Comprenons nous bien, pour nous une concertation aurait été : « êtes-vous pour un nouveau quartier OZ et une nouvelle gare TGV de l’autre côté de l’autoroute ? » Là, tout est déjà engagé puisque ces 2 délibérations soumettent au vote l’aménagement du quartier OZ et le prolongement de ligne 1 de tram jusqu’à la nouvelle gare TGV avec un viaduc sur la nouvelle autoroute.
Nous avons un premier désaccord de fond sur la méthode. Les habitants sont mis devant le fait accompli alors que nous parlons de notre ville de demain, une ville où les projets d’étalement urbain sont considérables et supposent une arrivée nouvelle de plus de 100 000 habitants. Les municipales ne sont pas si loin, elles auraient pu être l’occasion d’un débat contradictoire sur quelle ville voulons-nous. Ce ne sera pas le cas, la majorité décide maintenant des grands choix, nous le voyons avec l’accélération du chantier du doublement de l’A9 (délibération 28), nous le voyons aussi avec l’ensemble du projet « nouvelle gare TGV, quartier d’affaire, quartier OZ…).
Nous avons aussi un désaccord de fond sur ce projet.
Nous sommes contre une nouvelle gare TGV à l’extérieur de la ville. A quoi sert de gagner quelques minutes si c’est pour perdre ¾ heure en tram entre la gare St Roch et la nouvelle gare (et rebelote au retour). De plus, les personnes souhaitant prendre le TGV et arrivant en TER de Sète ou Lunel auront, devant cette galère, tendance à pendre leur voiture individuelle afin de gagner un peu de temps et d’énergie. Il n’est pas prévu de liaison TER entre les 2 gares. Nous sommes pour préserver ces coins de nature. Le concept de « OZ Nature Urbaine » est révoltant, c’est une pure opération immobilière comparable au quartier de la Part Dieu à Lyon (bureaux, hôtels, logements, centre commercial (Odysseum) autour de la gare TGV). Nous défendons les terres agricoles, leur mise en valeur, nous voulons développer les circuits courts et bio à partir d’une production locale. Pourquoi faire venir par camions des tomates ou des courgettes que nous pouvons produire ici ?
Ces 2 projets rentrent pour nous dans la gamme des Grands Projets Inutiles tout comme Notre Dame Des Landes ou le TGV Lyon-Turin.
Nous avons voté contre ces deux délibérations, EELV s’est abstenu.
La délibération 68 était le rapport des administrateurs TAM. Ces délibérations sont sans vote. Nous sommes intervenus sans reprendre l’ensemble de nos positions sur la régie et la gratuité mais pour insister sur les dysfonctionnements et retards réguliers. Subra (Président de la TAM), responsable de ce dossier, nous affirmera que, après des difficultés en mai-juin à la mise en place des tram 3 et 4, maintenant tout va bien à 98 – 99% (excusez du peu) !
Montpellier, le 19 décembre 2012.
Anne Rose Le Van et Francis Viguié conseillers municipaux
Gauche Anticapitaliste - Fase