NOUS NE VOTERONS PAS LE BUDGET 2013.

Publié le par montpellier. vraiment a gauche

NOUS NE VOTERONS PAS LE BUDGET 2013.

 

Sans reprendre tous nos éléments d’appréciation, exposés lors du débat d’orientation budgétaire, nous tenons à donner ce que sont pour nous les éléments décisifs qui fondent la base de nos priorités.

·         La crise du capitalisme s’approfondit, les possédants ont décidé de mettre en pièce tous les acquis sociaux pour augmenter encore leurs profits. Cette politique a des conséquences désastreuses pour les peuples des différents pays européens. Le patronat et la finance veulent aller encore plus loin, ils poursuivent aujourd’hui leur offensive. Aussi, comme nous le voyons tous les jours, ils entendent bien continuer leur politique de licenciements, de précarité et de baisse des salaires et des prestations sociales.

·         En France depuis les dernières élections, le PS a tous les pouvoirs dans le pays et en particulier dans notre région. Il a donc les mains libres pour faire une politique de changement, il s’agit seulement d’une question de volonté politique.

·         Malheureusement, dans la logique du soutien au pacte européen Merkel-Sarkozy, le choix fait est celui de l’austérité. Austérité qui va s’appliquer aux collectivités en commençant par la baisse de la dotation de l’état.

·         Montpellier est frappée de plein fouet par la crise : les plans de licenciements concernent des entreprises-phares, la ville connaît des taux records de pauvreté (27% en dessous du seuil de pauvreté) et de chômage.

Dans ces conditions, un budget de gauche doit être un rempart contre les effets de la crise, contre les politiques patronales. Nous refusons de rentrer dans le jeu : « l’augmentation des impôts, les transports, l’eau… c’est l’Agglo, c’est pas nous. ». Car rien ne peut se voter à l’Agglo sans les 45 conseillers de Montpellier et, de plus, c’est le même parti qui dirige l’Agglo et la ville. Chaque décision prise à l’Agglo, tout comme à la Ville, a des conséquences concrètes sur la vie des habitants de Montpellier. Il y a aujourd’hui une telle interpénétration, nous le voyons encore avec le projet OZ, que pour les Montpelliérains, jouer à « qui est qui ?» n’a aucun sens. Les responsabilités sont communes au-delà des humeurs et des ambitions des personnes.

Ce budget doit être un véritable bouclier social, c’est pourquoi la priorité des priorités est : Plus de services publics.

Pour une école publique de qualité

Lors du débat d’orientation budgétaire, nous avions consacré dans notre déclaration, une place importante à la question de l’école publique et ses difficultés à Montpellier. Vous n’aviez pas jugé bon de répondre, mais vous allez le faire aujourd’hui en raison de la mobilisation des parents et des enseignants. Il s’agit pour nous d’engager deux décisions :

·         Des moyens nouveaux pour l’école : nous ne pouvons accepter que la moyenne d’enfant par classe soit de 26 en France et de 30 à Montpellier. Nous soutenons les parents de l’école Sévigné avec son CP de 32 élèves qui se mobilisent dans « une nuit des écoles ». Nous soutenons les parents de l’école Daudet, surchargée, qui se trouvent avec la nouvelle classe dans un dortoir. Ces deux écoles se mobilisent sur le thème « En classe comme des sardines, ma mairie le fait » détournant ainsi une campagne de communication de la ville. Nous soutenons la « nuit des écoles de Montpellier » du 19 Février pour une école publique de qualité. Nous sommes pour 25 élèves par classe, il faut de nouvelles écoles et des ouvertures de classes.

·         Nous demandons le report de la nouvelle organisation scolaire en 4 jours et demi. Il est impossible de la mettre en place dans de bonnes conditions pour la rentrée de septembre 2013. Il n’y a à ce jour pas de financement, pas de discussion avec le personnel de la Mairie, pas de concertation avec les enseignants. Nous refusons une décision bâclée laissant les enfants en garderie et imposant de nouvelles contraintes au personnel enseignant et municipal.

           Il faut plus de logement social

Les enquêtes se suivent et disent toutes la même chose, nous sommes dans une région pauvre, une ville pauvre avec 70% des habitants pouvant prétendre à un logement social, une ville avec 18 000 dossiers en attente. La ville réalise ses 20% de logements sociaux, c’est bien, mais nous voyons bien que ce n’est pas suffisant pour répondre à la demande de notre population.

·         Il faut avoir la volonté prioritaire de satisfaire la demande (plutôt que d’en rester à 25% de construction), et faire un choix de type de construction coûtant bien moins cher à la construction et à la location.

·         Il est nécessaire de construire plus de logements sociaux, ce qui permet aussi de lutter contre la spéculation immobilière.

·         Nous devons agir pour le blocage des loyers au vu du blocage des salaires et du niveau de précarité et de chômage,

            Des transports publics de qualité, aller vers la gratuité

·         Alors que la tendance pour les bus et les TER est à la baisse du prix du billet, avec le choix du billet à 1 euro pour des déplacements importants, ces dernières années la TAM n’a cessé d’augmenter ses tarifs. Venir en bus de Lunel pour un euro et prendre un tram à 1 euro 40 pour faire 4 stations dans Montpellier, il est évident que ça ne va pas ! Il est temps de reconnaître le fait de se déplacer comment un droit et d’aller vers la gratuité. De plus, dans une ville jeune avec beaucoup d’étudiants, comment comprendre l’existence des tarifs bien plus élevés que dans les autres villes du même type que Montpellier (245 euros pour Montpellier alors que la presse nous donne les chiffres de 150 euros à Nice et 100 euros à Toulouse ). Face à votre autisme, les jeunes s’organisent entre eux et règlent à leur façon la tarification (voir La Gazette, Midi Libre, Montpellier Journal). Comment comprendre que des choix politiques faits par la communauté de communes d’Aubagne ne puissent pas être discutés et que des enseignements en soient tirés ?

Pour un retour en régie publique de l’eau

L’eau est un bien commun, un bien public, il faut donc un service public de l’eau pour la gérer.

- L’eau n’est pas une marchandise, un objet de profit c’est pourquoi elle doit sortir des mains de la multinationale Veolia.

- Nous demandons pour le mois de Mars un débat et un vote en conseil municipal, l’organisation d’un débat public contradictoire à l’échelle de la ville et l’organisation d’un referendum. Les 400 000 euros dépensés par l’Agglo pour une concertation sans réalité démocratique sont un nouvel exemple de gaspillage de l’argent public (un panel de 20 personnes, des experts de la communication, pas de débat public contradictoire, pas de consultation des habitants sous forme d'un referendum, pas de vote prévu des conseils municipaux…)

La défense et le développement de l’emploi sont une urgence sociale.

- Commençons déjà par défendre l’emploi existant comme à Sanofi, à Virgin, à l’Hôpital…

Concernant Sanofi, chacun se souvient des promesses de François Hollande proposant une loi d’interdiction des licenciements boursiers tout comme nous l’avons votée dans ce Conseil. Le problème est que cette loi ne vient pas, les salariés de Sanofi, de façon exemplaire, continuent leurs « jeudis de la colère », coordonnent leur lutte dans une manifestation à Paris avec les entreprises dans la même situation pour exiger une loi d’interdiction des licenciements boursiers. Des centaines de licenciements sont inadmissibles dans une entreprise qui fait de tels profits et distribue jusqu’à 35% en dividendes. Il faut écouter l’intersyndicale expliquer que c’est le site qui est menacé, ce qui serait une catastrophe à Montpellier mais aussi pour la recherche et le médicament dans ce pays. Nous proposons d’agir sans attendre, de donner à leur combat un soutien, une visibilité à la hauteur des enjeux, une interpellation publique du gouvernement pour une loi rapide d’interdiction des suppressions d’emplois.

·         Nous nous souvenons aussi des déclarations répétées de François Hollande : « Mon seul adversaire, c’est la finance ! ». Passons aux travaux pratiques avec Virgin, une entreprise pillée par un fonds de pension américain. Plutôt que de passer son temps à chercher un repreneur pour les locaux des Halles Castellane soyons aux côtés des salariés, aidons-les, tout comme ceux de Sanofi, matériellement et financièrement

·         La restructuration de l’Hôpital présente une ardoise de plus de 300 suppressions d’emplois ! La Mairie et l’Agglo siègent au Conseil d’Administration et en ont la présidence, le refus de ces suppressions de postes s’impose ainsi que la mobilisation pour défendre le service public de la santé.

Face à ces logiques, dirigées par une finance et un patronat avides, gaspiller de l’argent public pour des campagnes du type « Montpellier Unlimited » est ridicule et tourne le dos à une véritable défense de l’emploi avec les salariés et leurs organisations syndicales

Notre première priorité est d’être avec ces salariés en lutte pour défendre leur emploi et pour cela mettre tous les moyens politiques, matériels et financiers pour assurer leur victoire. La responsabilité de notre municipalité est totalement engagée face à un gouvernement qui laisse tomber ses promesses.

 

·         Nous soutenons la mobilisation des jeunes et de leurs organisations pour défendre le budget du Pass Culture. Leur action a permis une avancée mais pas totalement satisfaisante. Elle laisse le budget à 20 000 euros et permet si le besoin existe d’aller jusqu’à 40 000 euros. Nous sommes pour un budget maintenu à 40 000 euros. De plus, au vu du budget global, il y a là, un côté « faire de l’austérité pour faire de l’austérité » dont le seul intérêt est d’apparaître comme le bon élève de la classe aux dépens de la jeunesse.

Le budget que vous nous proposez pour cette année, mais aussi les années futures, est marqué par l’austérité. Le gel de la dotation, c’est à dire sa baisse en raison de l’inflation, est pour nous tout aussi inacceptable que sous Sarkozy. Pourquoi accepter aujourd’hui ce qui était refusé hier par votre majorité municipale !

Nous retrouvons aussi dans votre proposition de budget un bon nombre de décisions contre lesquelles nous avons signifié notre désaccord lors de débats précédents : la videosurveillance, le financement de l’enseignement privé, le lancement de la Cité du Corps Humain, le doublement de l’A9, la multiplication des Délégations de Services Publics, l’étalement urbain de l’autre côté de l’autoroute avec la nouvelle gare TGV, le quartier OZ…

Nous ne pouvons nous retrouver dans une méthode d’élaboration du budget ne permettant aucune élaboration avec les habitants. Plutôt que de multiplier les cabinets d’experts, nous voulons avancer dans la démocratie participative, c’est à dire, une démocratie où les habitants des quartiers et de la ville peuvent s’emparer des grands débats, les contrôler et décider.

Nous ne retrouvons pas dans votre budget nos priorités et notre démarche pour que les Montpelliérains ne fassent pas les frais d’une crise dont ils ne sont en rien responsables, c’est pourquoi nous voterons contre

 

Montpellier, le 4 Février 2012

Anne Rose Le Van – Francis Viguié Gauche Anticapitaliste - FASE

 

 

 

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Publié dans Coups de gueule

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